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    L’histoire de la nutrition canine : comment a-t-elle évolué?

    26 novembre 2021

    Alors que vous écoutez la télévision, vous voyez une publicité de nourriture pour animaux qui fait la comparaison entre les chiens et les loups. Vous êtes-vous déjà demandé ce que nous dit l’histoire et l’évolution du chien à travers le temps? Quand est-ce que le chien et le loup sont devenus deux espèces différentes? Qu’est-ce qui les distingue? Suivez l’inspecteur Globalvet dans son enquête sur l’histoire de la nutrition canine afin d’en apprendre plus!

    Le chien et le loup : deux espèces bien différentes

    Ayant été le premier animal à être domestiqué il y a 35 000 à 40 000 ans, l’origine du chien a beaucoup été étudiée. Même si certains aspects échappent toujours aux chercheurs, la science est claire et les recherches sont nombreuses à le prouver : le chien et le loup sont aujourd’hui deux espèces de canidés différentes. Le loup gris (Canis lupus lupus) est effectivement l’ancêtre du chien (Canis lupus familiaris). Cela dit, tout comme l’Homo habilis a évolué pour devenir l’homme moderne que nous sommes aujourd’hui, le chien domestique s’est développé en une espèce distincte il y a plusieurs milliers d’années.

    La domestication a eu le temps d’avoir un impact majeur sur l’espèce canine. Son nouvel environnement et son nouveau mode d’alimentation ont, peu à peu, modifié son ADN, sa morphologie, son comportement et le fonctionnement de son cerveau ainsi que de son système digestif.

    Le chien : carnivore ou omnivore?

    Le chien est bel et bien un omnivore! Plusieurs sont confus et avec raison, car l’adjectif « carnivore » et l’ordre des mammifères « Carnivores » n’ont pas la même signification. L’ordre des « Carnivores » inclut les espèces évoluées d’un animal carnivore à l’origine et qui sont encore capables de digérer la protéine animale. Lorsqu’on dit que le chien domestique est carnivore, « il s’agit ici de classification du vivant (…) qui intègre les concepts d’évolution et d’origine commune et elle n’a rien à voir avec le régime alimentaire » (Gulliver, 2019 : 7e par).

    L’évolution et la domestication ont, à la longue, créé l’espèce canine, une espèce entièrement distincte du loup en modifiant leurs capacités cognitives et sociales, leur apparence et même leurs besoins nutritifs. Pour comprendre exactement comment cela s’est produit, faisons un petit voyage historique.

    Les premières traces

    Les premiers ossements considérés comme ceux d’un chien domestique datent d’il y a environ 14 000 ans et ont été trouvés en Allemagne. Il s’agit d’une découverte importante qui confirme que le processus de domestication du chien a débuté bien avant celui du chat, qui coïncide avec l’arrivée de l’agriculture. Pour en apprendre plus sur l’évolution de l’espèce féline, consultez notre article L’histoire de la nourriture féline : origine et évolution.

    Ces ossements retrouvés en Allemagne reposaient auprès d’un humain, laissant croire que le chien était déjà à cette époque plus qu’un animal « utile » et qu’un certain lien affectif s’était développé.

    L’arrivée de l’agriculture a modifié l’alimentation de l’humain et de son chien. Ce dernier dépendait déjà beaucoup de son humain pour s’alimenter. Les deux se sont adaptés aux grains et aux nouveaux climats des environnements explorés. Peu à peu, on commençait aussi à reproduire le chien de façon à faire ressortir certaines capacités de travail avantageuses pour l’homme, comme la chasse, la protection, le rassemblement des troupeaux, l’obéissance, etc. Cette reproduction a éventuellement donné lieu aux différentes races aujourd’hui connues.

    L’intérêt pour la nutrition animale ne date pas d’hier! En effet, l’une des premières traces écrites de cet intérêt date de 2000 ans Av. J-C. Marcus Terentius Varro, un philosophe romain, mentionnait dans son livre que les fermes devraient avoir des chiens pour en assurer la sécurité. Il conseillait de les traiter avec respect et de les nourrir de viande, d’os et d’orge trempée dans du lait.

    Le Moyen Âge

    À cette époque, les chevaux et les chiens faisaient partie d’une classe « élite » d’animaux, en raison de leurs services rendus aux humains, surtout à l’aristocratie. Pour cette raison, on portait une attention particulière à leurs besoins alimentaires. L’alimentation était vue comme une récompense ou un geste de remerciement pour leur travail. La fidélité du chien ressort beaucoup des textes de l’époque. Aussi, les auteurs catégorisent les races de chiens selon leur fonction : les chiens de garde, les chiens de chasse, et même les petits chiens « portés sur la poitrine des femmes nobles » (Figg, 2015 : 4).

    Les auteurs s’intéressaient aussi aux soins portés aux animaux. Albertus Magnus, professeur célèbre de l’époque, offre dans son livre quelques conseils pour traiter les maladies canines :

    • Il remarque que les chiens de petite race meurent souvent de constipation. Il suggère de leur donner de l’avoine trempée dans de l’eau chaude. Un bon gruau finalement!
    • Lorsqu’un chien est malade, il consommera des « herbes abominables » pour se forcer à vomir « le méchant » .
    • La rage canine peut être guérie en offrant des excréments de poules dans le repas du chien. Beurk!

    Vous comprendrez que ces conseils ne devraient plus être utilisés aujourd’hui!

    Juste avant la nourriture commerciale

    Avec l’arrivée des grandes villes et de la révolution industrielle, on accordait moins d’importance à la chasse et à l’élevage des chiens de travail.

    Dans les années 1800 et en ville particulièrement, tristement, beaucoup de chevaux mouraient dans les rues de fatigue ou de maladie, alors que ces derniers étaient considérés comme des êtres de classe à part au Moyen Âge. On peut notamment attribuer cette perte d’importance à l’exode rural et à l’arrivée des voitures. La viande chevaline est alors devenue la nourriture pour chats et chiens la plus accessible et abordable. Les compagnons canins avaient aussi le droit à certains restes de tables de leur famille, consistant souvent d’os, de chou, de pommes de terre, d’oignons (qui, nous le savons maintenant, sont toxiques pour nos animaux!) et de croûtes de pain.

    Peu à peu, la médecine vétérinaire s’est développée. Les moyens financiers des familles ont augmenté ainsi que leur attachement envers leurs animaux, créant un besoin et un intérêt grandissant pour leur bien-être. Avec l’arrivée des femmes sur le marché du travail et la diminution du temps qui pouvait être accordé aux animaux, on cherchait une solution rapide et facile. Ce besoin sera comblé par l’arrivée de la nourriture commerciale pour animaux.

    En conclusion

    Même si nous en savons beaucoup sur le chien et sa domestication, il en reste encore tellement à découvrir! Nous ne savons toujours pas avec certitude quelle est l’origine géographique de la domestication ni comment elle s’est produite. Il existe quelques théories, mais aucune n’est capable de confirmer à 100% ces quelques étapes manquantes de l’histoire du chien domestique.

    Suivez notre blogue pour être au courant des nouvelles découvertes scientifiques sur le sujet!

    Références

    (s.d.). Récupéré sur https://kb.osu.edu/bitstream/handle/1811/69739/ENARRATIO_Figg_vol18_pp1-22.pdf

    (s.d.). Récupéré sur https://www.mofga.org/stories/farming/marcus-terentius-varro-wrote-the-old-old-farmers-almanac/

    (s.d.). Récupéré sur https://repository.upenn.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1029&context=anthro_seniortheses

    Axelsson, E. (2013, mars 211). The genomic signature of dog domestication reveals adaptation to a starch-rich diet. Nature, 495, pp. 360-364. doi:https://doi.org/10.1038/nature11837

    Buff, P. (2014, septembre 1). Natural pet food: A review of natural diets and their impact on canine and feline physiology. Journal of animal science. doi:https://doi.org/10.2527/jas.2014-7789

    Gilliver. (2019, avril 12). Carnivore : c’est un ordre! EchoSciences. https://www.echosciences-paca.fr/articles/carnivore-c-est-un-ordre

    Institute, P. F. (s.d.). History of Pet Food. Récupéré sur Pet Food Institute: https://www.petfoodinstitute.org/pet-food-matters/nutrition-2/history-of-pet-food/

    Wang, G. (2015, Décembre 15). Out of southern East Asia: the natural history of domestic dogs across the world. Cell Research, pp. 21-33. doi:https://doi.org/10.1038/cr.2015.147

    Zhang, Z. (2020, mars). Deciphering the puzzles of dog domestication. Zoological Research, 41(2), pp. 97-104. doi:10.24272/j.issn.2095-8137.2020.002

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